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Paléoclimatologie de la vallée de Chamonix
Après
avoir pris le train du Montenvers pour atteindre le site de
la Mer de Glace, nous nous sommes installés sur un
belvédère afin découter le récit
de Mlle Augusta CERUTTI. Cette dernière nous retraça
la paléoclimatologie de la vallée de Chamonix.
Cette discipline étudie les phases climatiques anciennes
en sappuyant sur des documents écrits (date des
récoltes, observations météorologiques,
documents iconographiques), sur la palynologie ou encore sur
la dendrochronologie (D. BRAND & M. DUROUSSET, Dictionnaire
thématique dHistoire et de Géographie,
Sirey, p. 257). Mlle CERUTTI nous retraça donc, dans
lordre des siècles, les épisodes climatiques
majeurs sétendant de 6000 BP à 1850 (fin
progressive du " Petit Age de Glace ").
Létude
a dabord porté sur la première période
doptimum climatique depuis le Würm, cest-à-dire
de 6000 jusquà 1400 BP. Il sagit là
dune époque très chaude où lon
peut constater la présence de tourbières à
2700 mètres daltitude. Ces tourbes sont aujourdhui
transportées par les glaciers. Les observations se
sont également portées sur létude
de tilleuls. De plus, des légendes sont nées
au travers de gravures retrouvées à 2500 mètres
daltitude. Cette montée de lkoumène
nous confirme alors des hivers chauds.
Cette
période est suivie par le " maximum des glaciers
alpins, entre 1400 et 1300 BP, où la langue terminale
atteint sa plus grande extension du Postglaciaire "
(LE ROY LADURIE, LHistoire du climat depuis lan
mil, vol. 2, Champs Flammarion, p. 29). En effet, les glaciers
se terminaient à 750 mètres du maximum de 1850.
Nous avons
également abordé les " maxima des
glaciers entre 900 et 300 BP. Il sagit de deux poussées
glaciaires successives, dont chacune se prolonge pendant deux
ou trois siècles ; elles sont très rapprochées
lune de lautre, et seulement séparées
par un intervalle de retrait qui ne dure quun siècle
et demi. Ces deux poussées marquent de leurs empreintes
la plus grande partie du premier millénaire avant notre
ère.
Après
un retrait intermédiaire, qui correspond à lépoque
romaine, survient un nouveau maximum des glaciers entre 400
et 750 ap. J.C.
Avant
loffensive glaciaire du XIIIème siècle,
on peut constater le " petit optimum ".
Cest une période de retrait glaciaire qui se
manifeste de 750 à 1200 de notre ère. Contrairement
au " grand optimum de la préhistoire ",
cette phase tiède du haut Moyen-Age na persévéré
que quelques siècles. Le climat de ces quatre siècles,
des Carolingiens aux grands défrichements, semble avoir
été assez doux. On peut donc penser que les
Vikings en ont profité (sans le savoir) pour coloniser
les marges les plus septentrionales de leur expansion :
Islande et Groenland. Des séries dévénements
météorologiques, tirées de documents
médiévaux, fixent la période la plus
favorable de ce petit optimum aux années 1080
1180 de notre ère. En effet, on constate des hivers
doux et des étés secs. Cette période
douce haut-médiévale de retrait glaciaire se
caractérise par dassez fortes sécheresses ;
celles-ci étant le double résultat dune
pluviosité défaillante et dune vigoureuse
évaporation. Tout cela a permis une recrudescence de
la poussée des sphaignes.
La brève
poussée médiévale va quant à elle
des environs de 1200 à 1300. Il sagit là
dune situation analogue à celle de la poussée
moderne (1550-1850). Cependant cette poussée glaciaire
médiévale est le plus bref des longs épisodes
glaciaires des trois derniers millénaires qui durent
généralement deux ou trois siècles (parfois
davantage), alors que ce dernier dure tout au plus un siècle
et demi.
Enfin,
Mlle CERUTTI aborda le " Petit Age de Glace ".
Cette période climatique est caractérisée
par la durée et limportance de ses poussées
glaciaires. En effet, les XVIIème, XVIIIème
et XIXème siècles se caractérisent
par une phase multiséculaire de crue des glaciers.
Cette phase est en pleine puissance à partir de 1590
et ne prend fin dans les Alpes quaprès 1850.
Les crues qui composent le " Petit Age de Glace "
sont tellement fréquentes, rapprochées, continues
et intenses quil nest pas possible en ces deux
siècles et demi de trouver un laps de temps suffisant
pour constater une décrue. La période 1590-1850
connaît sans doute, au point de vue des glaciers, ses
propres fluctuations internes, ses mouvements, ses flux et
ses reflux irréguliers. Cependant ces oscillations
sont secondaires par rapport au fait primaire : la continuité
longue de la crue " moderne " (1590-1850)
contrastant avec la moindre crue " médiévale "
et avec la décrue " contemporaine ".
Cette
description non exhaustive nous retrace donc les fluctuations
climatiques des siècles passés. On peut se demander
quel impact ces oscillations du climat peuvent avoir sur les
populations.
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