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RAPPORT DU STAGE DE GLACIOLOGIE
ÉTABLI PAR LES PARTICIPANTS

LA MER DE GLACE

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II — La végétation aux abords de la Mer de Glace

Le long du parcours du bas de la vallée jusqu’à la gare du Montenvers (plus de 1900 mètres) par le train du Montenvers, sont disséminées les pessières à myrtilles et les pessières subalpines de 1100 mètres à plus de 1600 mètres d’altitude.
Durant le trajet en train, nous avons pu observer les châblis, qui se présentent sous la forme de ruptures de troncs d’arbres au niveau du manteau neigeux (ruptures dues aux avalanches), et les nombreux arbres couchés, vestiges de l’hiver 1999.
Les couloirs d’avalanches sont facilement repérables dans le paysage, d’une part par les cicatrices qu’elles engendrent dans les forêts et d’autre part par les infrastructures qu’ils nécessitent (galerie paravalanche emprunté par le train du Montenvers). Il faut rappeler que la vallée de Chamonix est réputée pour ses avalanches au point d’être nommée " la vallée aux 111 couloirs d’avalanches " (mais ce chiffre est en augmentation depuis l’hiver 1999).
A partir de la gare du Montenvers, nous avons entamé la descente à pied par le flanc gauche de la vallée glaciaire creusée par les avancées et les reculs successifs du glacier. Ces moraines sont en cours de reconquête végétale.

 

A — Le pin cembro

A l’altitude de 2000 mètres, nous entrons dans la " zone de combat " entre la forêt et l’herbe qui se traduit dans la paysage par une reconquête progressive des arbres et notamment des pins cembros (" Pinus cembra " ou arole). Ils sont très reconnaissables par leurs gros cônes globuleux et arrondis et par leurs aiguilles longues et fines regroupées par cinq à l’extrémité de courts rameaux. Ces pins sont souvent accrochés à la paroi et présentent un port en crosse tout à fait typique. L’explication de ce phénomène est le casse-noix moucheté (" Narcifraga caryocatactes ") qui raffole des flaines du pin cembro. Il en fait des réserves qu’il dépose dans les recoins des parois. Ces flaines deviennent progressivement des arbres ayant un port en crosse.

Sapin avec port en crosse
dans la pessière — sapinière.

 

Un endurcissement hivernal remarquable permet au pin cembro d’atteindre facilement les limites supérieures de la forêt vers 2200 mètres d’altitude. Cependant, il connaît une croissance très lente. En effet, environ trois à quatre siècles sont nécessaires à la formation d’un tronc de 75 cm de diamètre et de 20 mètres de haut (pour une altitude moyenne de 1200 mètres). Son développement optimum se manifeste sur des ubacs siliceux au climat frais et à sols podzolitiques (pauvres), au sein des landes à rhododendrons et des clairières. De plus, sa reproduction présente des difficultés majeures : d’une part les années de bonne fructification sont peu nombreuses ; elles reviennent une fois tous les 7 ou 8 ans et d’autre part lorsque les semences sont produites, elles sont peu disséminées. Cela est dû au poids des graines trop important pour être transporté par le vent. Alors, d’autres agents transporteurs entrent en jeu comme le casse-noix moucheté qui est essentiel à la reproduction du pin cembro. De ce fait, les aires de répartition de ce pin et de cet oiseau sont identiques. Les cembraies jouent donc un rôle important dans la fixation des sols d’altitude, tout comme les mélèzes.

 
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Last up-dated 18 August 1999