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3. Quelques
spécificités paysagères dans l'arc alpin
Gstaad
: ambiance d'une des plus réputées parmi
les stations touristiques alpine
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Existe-il
un paysage ou des paysages alpins ? Et même qu'est-ce
qu'un paysage alpin ? Ne nous appesantissant pas sur la part
du réel et de l'imaginaire, sur le vécu ou le
perçu, nous parlerons du fait qu'à la base existe
l'incontournable support naturel avec ses emblèmes. La
liste est inépuisable et implique souvent une référence
à une sorte d'assemblage, d'association de lieux : on
ne citera pas la Meige sans La Grave, l'Eiger sans Grindelwald,
le Cervin sans Zermatt, les Tre Cime di Lavaredo sans Cortina
et le Mont-Blanc sans Chamonix. Mais les visions stéréotypiques
peuvent aussi être les chalets en bois au milieu de plantureuses
prairies où évoluent des vaches paisibles, les
trains à crémaillère qui - en Suisse avant
tout - gagnent des hauts lieux célébrissimes,
tels le Jungfraujoch ou le Gornergrat, les grands palaces de
Saint Moritz ou de Gstaad ou encore l'énorme hôtel
Victoria et Jungfrau d'Interlaken, la douceur des pré-bois
des Niedere Tauern
Selon nous, au-delà de l'esprit et de la magie des lieux,
les paysages sont le reflet des civilisations, dans le contexte
de l'époque, en accord avec le cadre régional.
Dans bien des cas, mais pas toujours, ils sont inséparables
d'un contexte spatial qui est celui du "pays". En somme, civilisation
- pays - paysage forment une trilogie très solide. C'est
de cette manière que l'on distinguera les espaces isolés
(massifs cloisonnés ou difficiles d'accès, cellules
intramontagnardes), les amples versants, les grandes aires du
tourisme, les longs et larges corridors. On pourrait encore
étendre la liste; point n'en est besoin.
A.
De la Chartreuse aux Grisons : deux réponses des
hommes, deux maintiens de la ruralité
Paisible
paysage de la Chartreuse :
tout le charme des massifs préalpins
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1)
Pays de charme
et de beauté, mais aussi terre de mystères,
la Chartreuse... Comparé avec justesse à une
forteresse - et donc par définition difficile d'accès
- le massif s'impose fièrement par rapport à
l'encadrement que lui font les grandes avenues du Grésivaudan
et les cluses de Chambéry et Voreppe. Hautes terres,
alors que l'altitude ne dépasse que péniblement
les 2 000 mètres, symbole d'une des régions
les plus boisées des Alpes, voici un "pays" dont l'identité
est singulièrement puissante, allant du style des plis
dans les couches calcaires, à celui des maisons, affichant
l'empreinte séculaire du célèbre ordre
religieux autant que la permanence d'une économie basée
sur la complémentarité des ressources de la
montagne de moyenne altitude. Monde à part au point
qu'on a de la difficulté à imaginer à
Saint-Pierre que l'on n'est qu'à 30 minutes de Grenoble,
la Chartreuse, heureusement déclarée récemment
parc naturel régional, s'inscrit dans la liste des
"sanctuaires" en ce sens où elle conserve, tout en
les dynamisant, les éléments les plus purs de
ce qui fait un "pays" dans les Préalpes.
Jref
(2133m) : le plus haut village alpin habilé en
permanence (canton des Grisons, Suisse)
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2)
Bien loin de
là transportons-nous à présent chez les
Walser des Grisons. Non sans rappeler qui sont ces solides
montagnards qui marquent par leur présence l'arc alpin
de la Haute-Savoie au Vorarlberg : on désigne par Walser
les colons originaires de Haut-Valais où ils s'étaient
établis dès le haut Moyen-Age et qui ont essaimé,
à la manière d'une diaspora, dans la plupart
des vallées non encore occupées, s'implantant
dans les portions amont afin d'y perpétuer leur ancestrale
tradition de pasteurs, éleveurs de bétail bovin.
Les Walser que l'on retrouve encore présentement dans
quatre Etats alpins sur sept, par la spécificité
de leur système économique et leur seconde fonction
de gardiens des cols sont créateurs d'un paysage tout
à fait particulier fondé sur la dispersion de
l'habitat et d'un système de vie fondé plus
que dans d'autres cas les déplacements des hommes et
des bêtes pour bénéficier de toutes les
potentialités offertes le long des pentes. Aujourd'hui,
c'est dans le canton suisse des Grisons qu'ils sont les plus
nombreux et plus spécialement, c'est à Obersaxen,
Sankt-Martin et Avers que l'on observe l'image la plus parfaite
de leur méthode d'appropriation du territoire et de
sa mise en valeur. Sans doute, touchons-nous avec eux à
une sorte de perfection dans ce que peut représenter
l'interface homme - nature dans l'arc alpin.
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