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B.
Les aménagements récents
Mais
la pente, au-delà des routes au tracé souvent
acrobatique comme on en rencontre en Oisans, dans les Grisons
ou en Otztal, c'est aussi le support, dans une utilisation
plus récente du territoire alpin, des conduites forcées
et des pistes de ski. Les premières sont un élément
emblématique de la révolution de la houille
blanche, initié par l'audacieuse expérience
d'Aristide Bergès à Lancey en 1869. Les fortes
dénivellations vont faire naître une multitude
d'équipements hydroélectriques dits de haute
chute : ce qui compte n'est pas la quantité d'eau mais
la force que celle-ci acquiert en dégringolant dans
les conduites pour actionner les turbines disposées
dans la centrale en contrebas.
Au
cur des Alpes françaises, Grenoble
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De
cette manière, du Grossglockner à la Girotte
en passant par l'Oberland ou le Val de Bagnes, se multiplient
les aménagements qui vont faire des Alpes un réservoir
de puissance et favoriser une diffusion de l'industrie grosse
consommatrice de courant dans des vallées que l'on
assimilera bien vite à des rues d'usines. On ne s'étendra
pas ici sur les conséquences classiques du phénomène:
l'urbanisation de certaines parties de la montagne, l'exode
rural ou l'hémorragie démographique qu'en connaissent
d'autres, bref un gigantesque bouleversement qui met fin en
quelques années à des siècles de repliement
et d'autarcie.
Enfin
la pente, grâce à la dénivellation qu'elle
offre, à laquelle s'ajoute le plus souvent l'ampleur
linéaire du versant, c'est le vecteur des pistes de
descente qui illustrent depuis bientôt un siècle
la dernière révolution alpine, celle du ski.
Il serait fastidieux d'énumérer les célébrités
précisement acquises par la combinaison des avantages
de la déclivité et des exploits sportifs : tout
le monde connaît la "Streif" de Kitzbühel ou le
Lauberhorn de Wengen. Et tout le monde sait que les villages
sont devenus stations, que des stations se sont créées
sans villages, que le tourisme est devenu roi dans cette montagne
qui est un monde, assimilée voici plus de cent ans
par Leslie Stephen à "un terrain de jeu" tandis que
tous les sommets étaient progressivement vaincus par
les "conquérants de l'inutile". Parallèlement,
les voies de communication les plus modernes, routières
ou ferroviaires, ont profité pleinement de l'aération
du relief, faisant des Alpes la montagne au monde la plus
accessible.
Soleil
levant au sommet du Mont-Blanc (4808m) tandis que la
vallée de Chamonix est encore dans l'ombre
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Comme
il est de règle, toute médaille a son revers :
la sophistication et la multiplication des voies de communications
est génératrice du fait de laugmentation
foudroyante du trafic de pollution et daccidents.
Les catastrophes du tunnel du Mont Blanc (24 mars 1999) et
du tunnel des Tauern quelques semaines plus tard déclencheront-elles
la fin du lobby du transport routier et inciteront-elles les
" aménageurs " à sinspirer
du modèle suisse en matière de ferroutage, matérialisé
par la construction des deux nouvelles lignes ferroviaires
par tunnel de base au Lötschberg et au Gothard ?
L'illustration
de la constante adaptation à la nature et au temps
apparaît à travers des paysages. Ils ne sont
que des instantanés, tout ce que l'on observe aujourd'hui
n'étant plus ce que l'on percevait hier et n'étant
pas ce que l'on verra demain.
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