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2. Dans le temps,
l'espace et la nature, quelques réponses des hommes à leur environnement
naturel
Villard-Reculas
: village sur une terrasse exposée au soleil,
au-dessus de la vallée de la Romanche
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On
n'a pas attendu notre époque pour imaginer l'organisation
de l'espace, créer un aménagement du territoire.
Cela existe depuis l'aurore de l'humanité mais l'homme
le pratiquait sans le dire et suivait une démarche essentiellement
pragmatique. Bien souvent l'adaptation au territoire devait
s'effectuer après que l'on eût à subir tel
ou tel élément dévastateur. En quelque
sorte, c'était apprendre à ses dépens...
Les exemples foisonnent qui nous enseignent que tel monastère
a dû être reconstruit plus bas dans un vallon suite
à un éboulement de rochers (cas du couvent de
la Grande Chartreuse) ou que tel village a dû se blottir
dans une position abritée car la première implantation
a été ensevelie sous une avalanche (cas de Villard-Reculas
en Oisans). De même les toponymes dans chacun des pays
de l'arc alpin comportent-ils souvent une référence
à la nature sous ses aspects sauvages : nous mentionnerons
Rueras, en Tujetsh (canton des Grisons Suisse) qui évoque
une lave torrentielle ou encore Lauenen, près de Gstaad,
dont le nom signifie avalanche.
A.
Vaincre la "tyrannie de la pente"...
De
manière quasi-ubiquiste, les hommes ont dû, de
tout temps et aujourd'hui encore, composer avec la raideur
et l'extension des versants. Ils ont ainsi, selon la belle
expression du Doyen Paul Veyret, dominé la "tyrannie
de la pente". Mais il ne faut pas exagérer l'accumulation
d'aspects négatifs car toute pente, si elle présente
des inconvénients, offre aussi des avantages. Les fonds
de vallée eux-mêmes ne sont pas nécessairement
plus sûrs, les inondations à Chamonix et Bourg
Saint Maurice des 24,25 juillet 1996 viennnent de le rappeler
crûment.
A
nos
yeux, c'est donc sur les versants que l'interface homme-nature
trouve sa plus noble matérialisation.
Les Alpins ont pu y démontrer de la meilleure manière
leur ingéniosité en s'adaptant du mieux qu'ils
purent à la superposition des zones naturelles et en
façonnant des paysages qui traduisent le résultat
de l'optimisation des potentialités que générait
la complémentarité issue de la variété
des conditions de milieu.
Ambiance
hivernale au cur duvieux village de Grimentz (Val
d'Aunivier, Valais, Suisse)
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De
l'étage collinéen, que l'on rencontre sur le
bas du versant au-dessus du cours d'eau, au monde minéral
des rochers, agrémenté des neiges permanentes
et des glaciers, tenant compte également de l'opposition
classique entre l'adret et l'ubac, c'est un véritable
édifice qui a été patiemment construit
en défrichant là où la topographie, l'altitude
et l'exposition permettaient une mise en culture ou la création
de prairies, en conservant la forêt là où
elle combine valeur marchande et protection contre les avalanches
des secteurs en aval, en utilisant au mieux les tranches d'altitudes
les plus hautes pour les réserver à l'inalpage
avant que, sur elles, l'exploitation de la neige à
des fins touristiques ne jette son dévolu.
Le
versant symbolise à la montagne -et dans les Alpes
plus complètement qu'ailleurs- l'interface homme-nature
dans la mesure où celui-ci est finalement créateur
d'un genre de vie. On évoquera à ce propos l'autarcie
de la vie agro-pastorale qui allait de pair avec la constitution
de cellules intermontagnardes que le cloisonnement du relief
lui-même favorisait. De la sorte, entre les opulentes
parcelles du bas des versants et les alpages, c'est un véritable
système de complémentarité et d'interrelations
dans l'utilisation du sol qui s'institue, établissant
ces célèbres calendriers montrant au cours de
l'année les déplacements des hommes et des animaux
en un va-et-vient incessant. Les exemples foisonnent mais
il nous semble que ceux des agriculteurs du Val d'Anniviers
ou des pasteurs walser d'Obersaxen dans les Grisons sont les
plus significatifs. Tout cela conduit à un aménagement
savant, voire subtil, du territoire que représente
le versant.
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