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6. De la lave
torrentielle à la mutation paysagère
Très
classiquement, érosion et alluvionnement se sont produits en concomitance :
pendant que lon entendait le sinistre roulement des "boules dArve"
qui sentrechoquaient, par les brèches quelle ouvrait dans les
digues, leau ensevelissait la plaine des Praz et les rues basses de Chamonix
sous un épais matelas de boue et limon grisâtres, emportant sur son
passage tout ce que la compétence et la capacité du flot pouvait
charrier. Les chiffres, établis par les services RTM, assurant pour la
maîtrise duvre des travaux de curage, sont cruellement éloquents :
pour lArveyron de la Mer de Glace, 46 500 m3 de matériaux accumulés
mais deux fois plus pour le torrent de la Creusaz. Des Tines aux Bossons, on estime
la masse déposée à 60 000 m3 de sable, graviers et "boules
dArve". Les travaux de curage, de remise en état et surtout
de construction de digues renforcées et surélevées se sont
terminés sur un total de 240 000.
Deux
années après ces inoubliables moments, alors
que ponts, passerelles, digues, berges ont été
reconstruits pour, dit-on "pouvoir faire face à
bien pire", certains secteurs de la vallée, surtout
entre Les Bois et Les Bossons, ont radicalement changé
daspect. Entre le nouveau "pont himalayen"
et la centrale EDF, le lit de lArveyron, élargi
au double de ce quil était, fait penser aux "fiumares"
qui dévalent de lApennin calabrais vers la mer
Tyrrhénienne. La digue qui, désormais, protège
la bergerie dOrthaz, a des aspects de mur denceinte
de cité médiévale. Entre la voie ferrée
à lamont et la confluence de lArve et de
lArveyron de la Mer de Glace à laval, les
digues protégeant les Bois du Bouchet et des Bourses
ont été rehaussées de 1,50 m et déboisées,
devenant des chemins ensoleillés au lieu de promenades
ombragées. Dans Chamonix même, peu de modifications
ont été faites concernant le calibrage du lit
de lArve et le pont de lavenue de la Plage na
pas été rehaussé. Le terrain de golf
a retrouvé son beau tapis vert. La vie, comme lArve,
a repris son cours
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