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5. Aménager,
gérer, faire face
Tenir
compte du passé, dans laménagement du territoire montagnard,
est une règle simple. Si simple quon ny pense parfois plus
ou, pire, qon ne la respecte pas. Le Géographe est là pour
dire quil suffit dobserver la configuration topographique, le volume
montagneux et la dynamique du temps et du climat pour tout comprendre. Comment
peut-on imaginer un instant que, abondamment enneigée, copieusement arrosée
par les pluies, des phénomènes brutaux ne se déclenchent
pas alors que les versants sont si raides et les parois souvent verticales ?
Comment
ne pas flairer que lexacerbation des éléments
climatiques, qui va de paire avec lélévation
en altitude, ne se répercute pas soudainement dans
la vallée principale, constituée en plus de
secteurs en marche descaliers, dont le plus vase est
carrément une plaine de la montagne, barrée
à laval par les cônes de déjection
du Brévent et des Pélerins, où se concentre
la majorité de lhabitat contemporain ? Certes,
toutes les précédentes inondations se sont produites
en un temps où les vallées - la plaine des Praz
en particuliers - nétait pas aussi densément
mité par les constructions. Neût-il donc
pas été logique, parallèlement à
ce qui est assimilable à une boulimie immobilière,
de penser à conforter les travaux dendiguement
déjà entrepris ? Faut-il, comme tant dautres
cas, attendre que laccident ait eu lieu pour sinterroger
sur ses véritables causes ? De même, face
au péril blanc que représentent les avalanches
et contre lequel, incontestablement, beaucoup de réalisations
ont été faites dans la vallée, neût-il
pas été positif de penser à nettoyer
les couloirs les plus obstrués après chaque
hiver ? En dautres termes, parfaire la protection
contre un risque naturel est indissociable de la gestion à
lamont comme à laval de ce risque.
Evidemment,
il faut largement dépasser ici le stade du "on aurait dû",
"il aurait fallu", ou encore "cest la faute à".
A la limite, peu importe, mais les faits sont têtus. En ayant constaté
et signalé dans les mois précédents, lencombrement
de plusieurs ravins et les digues de lArveyron de la Mer de Glace par endroits,
nous ne fûmes pas surpris de vivre cette nuit dramatique du 24 au 25 juillet
1996
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