Par
le Professeur H. Rougier, Centre d'Etudes Alpines, Université Lyon 3.
Le
mercredi 24 juillet 1996, la vallée de Chamonix a été frappée
par des inondations catastrophiques ne causant miraculeusement aucunes victimes
mais engendrant des dégâts énormes. Au-delà des faits
en soi, ce sont les conséquences géomorphologiques et les mutations
paysagères qui prennent pour le géographe une importance primordiale.
Parallèlement, suivant le principe que, ´ a quelque chose, malheur
est bon ª, ces phénomènes naturels ont servi de matière
à réflexion sur laménagement des berges des torrents
et sont à lorigine dun programme de grands travaux devant garantir
la sécurité des populations riveraines En
ce mercredi de fin juillet 1996, les trois torrents de la haute vallée
(lArve, lArveyron de l4argentière, et lArveyron de la
Mer de Glace) sont à lorigine dune catastrophe qui dépasse
de loin, par son ampleur, celle de 1920. Il faut dire quà ce temps-là,
la vallée était beaucoup moins peuplée et que les secteurs
les plus affectés en 1996 (la plaine des Praz entre autre) nétaient
que forêts, prairies ou landes. La
première question qui se pose est de savoir pourquoi une inondation aussi
considérable sest produite alors que, en quantité, les précipitations
des 23-24 juillet, pour élevées quelles soient localement,
nont pas le caractère aussi exceptionnel que les médias leur
ont aussitôt attribué. Doù évidemment une question
consécutive à la première : faut-il voir dans la quantité
deau tombée la seule cause de la crue des torrents ou bien dautres
raisons peuvent-elles être avancées pour expliquer le phénomène. Ainsi,
avant de se pencher sur les faits en soi, est-il indispensable dopérer
un retour sur les mois qui ont précédé lévénement.
Dautant quil est bien connu que la mémoire du temps se perd
très vite
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