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2. Lardeur
des éléments météorologiques
De
multiples facteurs, en liaison avec la dynamique du temps et du climat, viennent
se conjuguer pour mieux comprendre le phénomène : en premier
lieu, laltitude et lexposition. A 3000 mètres même pendant
lété, des périodes de gel et de précipitations
neigeuses ne sauraient être exclues. Souvent elles interfèrent rapidement
avec dautres de soleil et de chaleur. La roche passe en peu de temps du
froid au chaud, du sec à lhumide ; elle se tapisse de neige
ou de givre, simbibe également deau de fonte ou de pluie. Lexposition
du pilier occidental des Drus est aussi à prendre en compte. Face à
lOuest, il reçoit, dès le début de laprès-midi
et jusque fort tard dans la soirée (à cause du décalage horaire
imposé par lheure dété), les rayons du soleil
de plein fouet qui viennent ajouter leur action au réchauffement de latmosphère
déjà commencé le matin, alors que le pilier est à
lombre. Ces deux données expliquent à elles seules pour une
bonne part la prédisposition de cette face ouest à être le
théâtre de phénomènes morphodynamiques fréquents.
On rappellera pour mémoire que chaque saison estivale est également
celle, malheureusement, de la chronique quotidienne des alpinistes victimes de
chute de pierres
En
ce mois de septembre 1997, le temps qui a régné sur le massif du
Mont-Blanc est un élément fondamental dexplication de leffondrement
de cette partie des Dus. Après un été ´ en dent
de scie ª, comme cela est souvent le cas, septembre à débuté
par une bonne période de beau temps et de chaleur. Cela a eu pour conséquence
aux Drus un assèchement presque total de la roche en surface, une remontée
de lisotherme 0° pratiquement au sommet du Petit Dru et donc une soumission
de la roche à des phénomènes de thermoclastie, ne générant
que des chutes de pierres tout à fait normales. Mais dès le 14 septembre
le temps se gâte la pluie et lorage mettent fin à la belle
séquence de temps ensoleillée. Dans un premier temps du fait de
la chaleur, il pleut jusquà une altitude élevée et
si la pluie régulière imbibe profondément la roche, les grains
orageux favorisent le lessivage, voire un bon nettoyage du pilier. Cest
alors, que consécutivement à une descente dair froid, dès
de 17 septembre, la pluie cède la place à la neige jusquà
environ 2700 mètres. En quelques heures le haut de la montagne est plâtré.
Alors que les moindres fissures sont gorgées deau, les voici recouvertes
de neiges qui se transforme rapidement en pellicule glacée. Comme lon
sait, en montagne ´ le temps change vite ª : dans la
nuit du 17 au 18 septembre, larrivée dun Anticyclone Mobile
Polaire sur les Alpes occidentales contribue à ´ chasser les
nuages ª. A la froide nuit succède une belle journée du
18, marquée par un ensoleillement généreux quaccompagne
un réchauffement assez sensible. Le saupoudrage blanc du petit matin sestompe
promptement et, en hauteur, la neige givrée fond au soleil et leau
sajoute dans les fissures à la glace, qui, elle ne fond pas, ou au
mieux très partiellement. Survient la nuit du 18 au 19
belle nuit
dautomne éclairée par la pleine lune avec un ciel constellé
détoiles mais une température qui, dans la vallée même,
flirte avec le zéro degré. Une nuit dautomne précoce
utra-classique, une nuit durant laquelle lagriculteur est sur le qui-vive,
qui craint la première gelée
Là-haut, à 3000
mètres, sur le flan occidental des Drus, à 1:33, alors que lair
ambiant est à 10, soudain un craquement énorme ébranle
le menhir
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