B. Une des aires touristiques les plus fréquentées
au monde
"Les
pionniers de l'alpinisme"
Gravure d'Edouard Whymper (1900), d'après Muller
(1790)

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L'orophilie
ayant définitivement supplanté l'orophobie,
le "terrain de jeu" des pionniers est vite devenu un gigantesque
champ de manuvre. Si le savant genevois Horace Bénédict
de SAUSSURE a, le premier et sans le savoir, levé le
rideau par un impromptu scientifique au sommet du Mont Blanc,
si MUMMERY et le grand WHYMPER ont inscrit à leur actif
tant de "premières", le temps est bien révolu
où le massif était réservé à
une élite aristocratique et sportive. Dans cet engouement
que suscite le trinôme terre de grandeur, terre de labeur,
terrain de jeu, Chamonix a pris une part prépondérante,
très en avance par rapport à Courmayeur ou Saint-Gervais.
Les chiffres se passent de commentaires : au cur des
vacances d'été, par une magnifique journée,
la haute vallée de l'Arve accueille jusqu'à
120 000 personnes.
Photo
: à Chamonix, départ du train pour Montenvers
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Ce même
jour, le valeureux chemin de fer à crémaillère
du Montenvers a pu transporter jusqu'au balcon sur la Mer
de Glace 11 000 passagers et le téléphérique
de l'aiguille du Midi - le deuxième
des Alpes quant à l'altitude atteinte-
a hissé sur la plate-forme sommitale 7 500 visiteurs
! Ces mêmes jours, les rues de Chamonix, Courmayeur,
Saint-Gervais voient déambuler une marée humaine,
des centaines d'escaladeurs s'initient sur le rocher des Gaillands
et le sentier qui conduit de La Flégère au Lac
Blanc voit se déplacer une interminable procession
d'excursionnistes.
De
chaque côté du massif, exception faite du versant
suisse où la fréquentation est nettement moindre,
les infrastructures répondent à la demande,
quand elles ne la précèdent pas. Mais il est
un moment où un certain degré de performance
ne peut être dépassé, une époque
où la saturation apparaît et où le succès
pose problème. Après avoir investi, il a fallu
gérer; maintenant il faut protéger !
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