2.
Une montagne mythique, emblématique et magique
L'image
est vecteur de notoriété : la renommée
du massif et de son légendaire sommet ne cesse ce croître
depuis que, voici plus de deux siècles et demi, deux
Anglais, William WINDHAM et Richard POCOCK s'aventurèrent
en 1741 à ce qu'ils appelèrent "les glacières
de Chamouny". En fait, une pierre dite "Pierre aux Anglais"
jalonne leur point d'arrêt juste en-dessous du Montenvers
mais à ce temps-là nos deux pionniers se trouvaient
au bord même de la Mer de Glace
On était
au maximum du Petit Age de Glace !
A.
Magie des lieux
Plus
que tout autre dans l'arc alpin, même si le Cervin peut
légitimement rivaliser avec lui, le Mont Blanc répond
à merveille à la belle définition que
Paul VEYRET nous donne, du "capital de beauté". Le
sommet, à lui seul, objet d'un
Photo
: Aiguilles de Chamonix, (Charmoz-Grépon, Blaitière,
Plan) en hiver
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culte devenu parfois snobisme, accueille
les grands jours d'un bel été jusqu'à
500 alpinistes. Mais le capital de beauté regroupe
bien d'autres éléments, en toute saison, à
toute heure, par tous les temps. Il ne peut être question
d'entrer dans le détail car, comme l'on dit, on ne
discute pas des goûts et des couleurs. Les uns s'extasieront
devant tel ou tel sommet : l'Anglais John RUSKIN, lui qui
a baptisé les Alpes "cathédrales de la Terre"
- et conseillé de ne pas
les gravir car
on n'escalade pas une cathédrale-
préférait de loin les Aiguilles de Chamonix
au Mont Blanc lui-même. Pourtant à son époque,
on ne pouvait encore les comparer à une "skyline où
les buildings de Manhattan se transforment en pinacles de
granite" (Henri ROUGIER). Chacun, en fin de compte, désigne
un sommet différent comme étant son favori,
sans pour autant l'avoir gravi. De Courmayeur, l'Aiguille
du Géant exerce une toute autre attirance esthétique
que le Mont Blanc et du village des Bois, l'imposant menhir
des Drus paraît prêt à dégringoler
!
D'autres s'émerveilleront devant les glaciers,
au nombre de 101 dans le massif, tous si différents
les uns des autres : si les Valdôtains n'ont d'yeux
que pour celui du Pré de Bar et son lobe terminal en
patte d'ours, les Valaisans prisent davantage celui du Trient.
Certains apprécieront avant tout l'ambiance italienne
et plutôt urbaine de la Via Roma de Courmayeur avec
ses magasins de luxe, tandis qu'à deux pas le vieux
village de Verrand est un modèle de restauration de
l'habitat ancien. Et d'autres préféreront la
succession des trois rues chamoniardes (Vallot Paccard
Ravanel le Rouge) aux boutiques hétéroclites
parmi lesquelles celles des marchands de "souvenirs" qui n'ont
parfois d'alpin que le nom.
Cette
magie des lieux qu'inspire le capital de beauté du
massif a contribué et continue de le faire-
à une fréquentation sans cesse croissante. Il
n'a pas fallu attendre longtemps après que les "monts
affreux" furent devenus les "monts sublimes" pour que le tourisme
de masse envahisse les vallées, voire certains sommets
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