Photo
: Vallée de Chamonix en direction de l'amont

|
S'il
est, en Europe, un espace où la géographie ne
se montre pas avare en images et représentations symboliques,
c'est bien celui qui
gravite autour du plus haut sommet du vieux continent. Aucune
autre montagne au monde n'a été l'objet d'autant
de curiosité, de convoitise, d'intérêt,
de littérature, au point que souvent son nom a fait couler
davantage d'encre que de raison
Il n'en demeure pas moins
qu'à l'image de la chaîne alpine dont il est le
phare, le Mont Blanc puisse être incontestablement considéré
comme une montagne de référence. Référence
géographique par sa nature, le massif du Mont Blanc l'est
également par son développement touristique fruit
d'une attractivité précoce, constante voire aujourd'hui
préoccupante car, un peu comme tout excès finit
par être néfaste, un essor frénétique
risque d'engendrer des problèmes majeurs au moment où
il est de bon ton de parler de "développement durable".
Mais la spécificité régionale ne s'arrête
pas là : partagée entre trois nations (France,
Italie, Suisse) dont l'une ne participe pas à l'Union
Européenne, l'aire du Mont Blanc s'inscrit tout naturellement
au chapitre de la coopération transfrontalière.
Et les surprises ne sont pas minimes de constater qu'en ce début
du troisième millénaire, près d'un siècle
et demi après le rattachement de la Savoie à la
France, le tracé même de la frontière anime
encore une querelle périodique entre Français
et Italiens et que, près de dix ans après que
sa dénomination fut inventée, l'"Espace Mont Blanc"
demeure encore une construction vraiment bien fragile.
|